Quand le navire chinois devient le recours des Mauritaniens




Le navire-hôpital chinois Auspicious Ark accoste à Nouakchott pour sept jours. Avec ses services spécialisés, ses équipements et plus d’une centaine de soignants, il vient offrir des soins dont une partie des Mauritaniens ne bénéficie pas toujours dans son propre pays.

La coopération médicale est évidemment bienvenue. Mais l’image est aussi révélatrice d’un paradoxe : pourquoi faut-il attendre l’arrivée d’un hôpital étranger pour accéder à certains soins ?

En sept ans, sept ministres se sont succédé à la Santé. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer une politique sanitaire inscrite dans la durée. Pendant ce temps, les mêmes difficultés persistent : scanners hors service, équipements coûteux insuffisamment entretenus, services hospitaliers qui peinent à fonctionner régulièrement.

Pour ceux qui en ont les moyens, le recours est connu : partir se faire soigner à l’étranger. La Tunisie est devenue une destination courante, au point que le vol Nouakchott-Tunis est parfois surnommé le « vol ambulance ». Les plus aisés, eux, choisissent l'Espagne ou d’autres destinations européennes. Quant aux plus modestes, ils n’ont souvent ni navire, ni avion, ni alternative.

Le navire Auspicious repartira dans quelques jours. Les insuffisances de notre système de santé, elles, resteront. Le navire aura apporté des soins ; il ne pourra pas empêcher notre système sanitaire, lui, de prendre l’eau.

ABDELLAH Brahim Salem

Ingénieur, observateur de la vie publique

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